Sommaire
Après un deuxième trimestre caractérisé par un retour de l'appétit pour le risque, les marchés financiers ont dû composer avec la reprise des tensions au Moyen-Orient, une nouvelle flambée des prix de l'énergie, l'escalade du conflit commercial entre le Canada et les États-Unis ainsi qu'un virage plus restrictif de la part des principales banques centrales. L’absence de progrès dans les négociations entre les États-Unis et l’Iran a fait grimper le prix du baril de pétrole de plus de 30 % en dollars américains au cours du trimestre.
Ce choc énergétique a ravivé les craintes inflationnistes. Plusieurs banques centrales des pays développés ont relevé leurs taux directeurs au cours du trimestre, dont la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon. Pour sa part, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur inchangé, tout en se disant prête à le relever à plusieurs reprises si l'inflation demeurait trop élevée.
Les marchés obligataires ont été les plus durement touchés par les pressions inflationnistes, le taux des obligations du Trésor américain à 10 ans franchissant le seuil de 5 %, un niveau jamais atteint depuis 2007, à l’aube de la crise financière. Le contexte actuel est toutefois différent et ne laisse pas entrevoir une nouvelle crise financière à l’horizon.
Les marchés boursiers ont néanmoins fait preuve d'une résilience notable. La solidité de l'économie mondiale et la vigueur des bénéfices des entreprises, toujours soutenues par les investissements liés à l'intelligence artificielle, ont permis à la plupart des grands indices de terminer le trimestre en territoire positif. L'indice composé S&P/TSX a progressé de 1,6 % au cours du trimestre. Aux États-Unis, l'indice S&P 500 a enregistré un rendement de 2,4 % en dollars canadiens. Les marchés développés internationaux ont affiché une progression de 1,0 %, tandis que les marchés émergents ont reculé de 0,2 %. Du côté des titres à revenu fixe, l'indice FTSE Canada Universe Bond Index a reculé de 3,0 % au cours du trimestre.

Au 30 septembre 2026
| Variation T3-2026 |
Variation 1 an |
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|---|---|---|
| Indices (%) | ||
| Obligations canadiennes | ||
| Obligations universelles FTSE Canada | ||
| Obligations universelles FTSE Canada | -3,0 ▼ | -1,1 ▼ |
| Actions canadiennes | ||
| S&P/TSX Composite | ||
| S&P/ TSX Composite | 1,6 ▲ | 20,0 ▲ |
| Actions américaines ($ CA) | ||
| S&P 500 | ||
| S&P 500 | 2,4 ▲ | 18,1 ▲ |
| Actions internationales ($ CA) | ||
| MSCI MSCI EAEO | ||
| MSCI MSCI EAEO | 1,0 ▲ | 18,6 ▲ |
| MSCI Monde (ex. Canada) | ||
| MSCI Monde (ex. Canada) | 2,0 ▲ | 18,0 ▲ |
| MSCI Marchés émergents | ||
| MSCI Marchés émergents | -0,2 ▼ | 32,3 ▲ |
Sources : FTSE International Limited, S&P Dow Jones Indices LLC et MSCI Inc.
| Fermeture 30-09-26 |
Variation T3-26 |
Variation 1 an |
|
|---|---|---|---|
| Taux directeur au Canada (%) | |||
| Taux directeur au Canada (%) | 2,25 | 0,0 | -0,25 ▼ |
| Pétrole WTI (USD) | |||
| Pétrole WTI (USD) | 90,42 $ | 30,1 % ▲ | 45,0 % ▲ |
| Or (USD) | |||
| Or (USD) | 4 157,41 $ | 3,7 % ▲ | 7,7 % ▲ |
| EUR/CAD | |||
| EUR/CAD | 1,61 | -0,8 % ▼ | -1,5 % ▼ |
| JPY/CAD | |||
| JPY/CAD | 0,01 | 3,0 % ▲ | -3,9 % ▼ |
| USD/CAD | |||
| USD/CAD | 1,42 | -0,2 % ▼ | 1,9 % ▲ |
Sources : Banque du Canada, Bloomberg Finance L.P.
Rendements nets de frais au 30 septembre 2026 (%)
Source : Trust Banque Nationale.
1. Les rendements composés ne sont pas disponibles pour les Portefeuilles FNB Modéré +, FNB Équilibré, FNB Croissance+ et FNB 100% actions, puisqu'ils n'ont pas encore un historique de 12 mois d’existence depuis leur création.
2. En date du 25 octobre 2024, le Fonds FÉRIQUE Actions internationales a acquis les actifs du Fonds FÉRIQUE Actions asiatiques dans le cadre d'une réorganisation et les objectifs de placement du Fonds ont été modifiés. Le rendement antérieur à la date d'entrée en vigueur de la réorganisation représente le rendement du Fonds FÉRIQUE Actions européennes (maintenant le Fonds FÉRIQUE Actions internationales) avec ses objectifs de placement antérieurs. La réorganisation et les changements apportés aux objectifs de placement auraient pu avoir une incidence importante sur le rendement du Fonds s'ils avaient été en vigueur pendant toute la période de mesure du rendement.
Titres à revenu fixe
Revenu fixe canadien
Le marché obligataire canadien a connu un trimestre difficile, chacun des trois mois s'étant soldé par un recul. Dès juillet, la remontée des prix du pétrole et les préoccupations entourant l'inflation ont entraîné une hausse des taux à long terme.
Sur le plan économique, les données canadiennes se sont nettement améliorées. L'économie a rebondi vigoureusement au deuxième trimestre, affichant une croissance annualisée de 3,3 %, sa plus forte cadence depuis 2023, écartant le scénario d'une récession technique. Le produit intérieur brut est ensuite resté inchangé en juillet, avant de progresser de 0,2 % en août, selon l'estimation préliminaire de Statistique Canada.
C'est toutefois l'inflation qui a retenu l'attention. La hausse des prix du pétrole liée au conflit avec l'Iran a contribué à porter le taux d'inflation annuel canadien à 3 %, un niveau jugé élevé par le gouverneur de la Banque du Canada. Les dommages subis par des raffineries au Moyen-Orient et en Russie ont aussi provoqué une pénurie mondiale de diesel. Or, le diesel est essentiel au transport de marchandises, à l'agriculture et à une grande partie du secteur manufacturier, ce qui accroît le risque que la hausse des coûts de l'énergie se répercute sur l'ensemble des prix.
Lors de sa réunion du 2 septembre, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, mais a adopté un ton nettement plus ferme, indiquant être prête à relever ses taux à plusieurs reprises si nécessaire. À la fin de septembre, les investisseurs anticipaient une hausse de 0,25 point de pourcentage du taux directeur en décembre. Dans ce contexte, l'indice FTSE Canada Universe Bond Index a reculé de 3,0 % sur l'ensemble du trimestre.

Revenu fixe américain
Aux États-Unis, le marché obligataire a subi d'importantes pressions tout au long du trimestre. Dès juillet, le rendement des obligations du Trésor à 10 ans a atteint 4,84 %, son plus haut niveau depuis janvier 2025.
En septembre, la Réserve fédérale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis 2023, le portant dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 %, et a signalé que d'autres hausses pourraient suivre. Le taux des obligations à 10 ans a alors franchi le seuil de 5 % et a enregistré sa plus forte hausse trimestrielle depuis 2009. En fin de trimestre, les données d'inflation ont toutefois apporté un certain répit : l'indice PCE, que privilégie la Réserve fédérale, a augmenté de 3,4 % sur un an en août, contre 3,7 % attendus.

Marchés boursiers
Actions canadiennes
Le marché canadien a terminé le trimestre en hausse, l'indice composé S&P/TSX affichant une progression de 1,6 %, ce qui constitue un neuvième gain trimestriel consécutif.
Malgré l'escalade des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis ainsi que la forte remontée des taux obligataires en fin de trimestre, le marché a bénéficié du soutien des secteurs de l'énergie, des matériaux et des technologies de l'information. La hausse des prix du pétrole a favorisé les sociétés énergétiques, tandis que la résilience de l'économie canadienne et la vigueur des bénéfices de certaines entreprises ont soutenu l’optimisme des investisseurs.
Le conflit commercial avec les États-Unis a toutefois constitué une importante source d'incertitude. Après l'échec des négociations commerciales, les États-Unis ont imposé des tarifs douaniers de 50 % sur environ 20 milliards de dollars d'exportations canadiennes, auxquels le Canada a répondu par des mesures équivalentes. Bien que l'impact économique global devrait demeurer limité selon la Banque du Canada, certains secteurs plus directement exposés aux échanges commerciaux entre les deux pays demeurent vulnérables.

Actions américaines
Le marché américain a progressé de 2,4 % en dollars canadiens et de 2,3 % en dollars américains au cours du trimestre. Les fluctuations du dollar américain ont eu un effet limité sur l'ensemble du trimestre : sa dépréciation par rapport au dollar canadien en juillet et en août a été compensée par son appréciation en septembre.
Le principal moteur du marché américain au cours du trimestre est demeuré la vigueur des bénéfices des entreprises, particulièrement dans le secteur technologique. Les résultats de grandes sociétés comme Amazon, Microsoft et Nvidia ont contribué à atténuer les inquiétudes entourant la rentabilité des investissements massifs dans les infrastructures liées à l'intelligence artificielle. Ces résultats ont aussi permis aux titres de semi-conducteurs de se redresser après une correction en début de trimestre. Des interrogations persistent néanmoins quant à l'ampleur des dépenses et aux valorisations des entreprises liées à l'intelligence artificielle, ainsi qu'à la forte dépendance du marché envers ce thème.
Sur le plan économique, l'économie américaine s'est montrée résiliente, la croissance du PIB du deuxième trimestre ayant été révisée à 2,2 %, soutenue par la consommation et les investissements liés à l'intelligence artificielle.
Actions internationales
Les marchés développés internationaux ont enregistré une progression modeste au cours du trimestre. L'indice MSCI EAEO a progressé de 1,0 % en dollars canadiens et de 0,7 % en devises locales.
En Europe, les marchés ont d'abord bénéficié de solides résultats d'entreprises, avant d'être freinés par la hausse des prix du pétrole et des taux obligataires. Le choc énergétique a également ravivé l'inflation dans la zone euro, le taux annuel atteignant en septembre 3,3 % en Allemagne, 3,4 % en France et 4,1 % en Italie. Dans ce contexte, la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs.
Au Japon, le marché a été soutenu par une politique budgétaire plus expansionniste et par la faiblesse du yen, favorable aux exportateurs. Cette faiblesse persistante de la devise a toutefois mené à une rare intervention coordonnée du Japon et des États-Unis sur le marché des changes. Face aux pressions inflationnistes et à la faiblesse du yen, la Banque du Japon a relevé son taux directeur à 1,25 %, son plus haut niveau en plus de 30 ans.
Marchés émergents
Après un deuxième trimestre exceptionnel, les marchés émergents ont légèrement reculé de 0,2 % en dollars canadiens au cours du troisième trimestre, et de 2,8 % en devises locales, les fluctuations de change ayant atténué la baisse pour les investisseurs canadiens.
Le thème de l'intelligence artificielle est demeuré un important moteur des marchés asiatiques, mais avec des résultats contrastés. En Corée du Sud, l'indice KOSPI, fortement exposé aux fabricants de puces, a connu un trimestre difficile après une progression spectaculaire au cours de la dernière année.
La remontée des taux américains a également pesé sur les actions des marchés émergents, en plus d'entraîner des sorties de capitaux étrangers, notamment en Inde. En Chine, les mesures de relance annoncées par les autorités n'ont pas suffi à rassurer les investisseurs, toujours préoccupés par la faiblesse des dépenses des ménages et des entreprises. Le sommet entre les présidents Trump et Xi s'est par ailleurs conclu sans percée majeure. Les perspectives de bénéfices des entreprises de la région sont toutefois demeurées favorables, les analystes ayant révisé à la hausse leurs prévisions pour 2026.
Perspectives
À l'issue du troisième trimestre de 2026, plusieurs constats se dégagent. Les marchés boursiers ont démontré une résilience remarquable face à un contexte marqué par la reprise du conflit au Moyen-Orient, la flambée des prix de l'énergie, l'escalade des tensions commerciales et le virage restrictif des banques centrales. La vigueur des bénéfices des entreprises et la résilience de l'économie mondiale ont constitué les principaux facteurs de soutien. Les marchés obligataires ont, en revanche, subi une forte remontée des taux, alimentée par la persistance des pressions inflationnistes liées à l'énergie, le resserrement des politiques monétaires et les préoccupations entourant les finances publiques. Les besoins de financement des gouvernements et l'augmentation de l'offre d'obligations sur le marché ont également contribué à cette hausse des taux.
Au cours des prochains mois, les marchés continueront de suivre de près l'évolution du conflit au Moyen-Orient et des prix de l'énergie, les données sur l'inflation ainsi que les décisions des principales banques centrales concernant les taux d'intérêt. Les investisseurs porteront également une attention particulière à l'évolution des différends commerciaux, notamment entre le Canada et les États-Unis, ainsi qu'à la croissance des bénéfices des entreprises.
Les élections américaines de mi-mandat de novembre constitueront également un enjeu important. Une perte de contrôle de l'une ou des deux chambres du Congrès pourrait limiter la capacité de l'administration Trump à faire progresser son programme législatif, notamment en matière de fiscalité, de dépenses publiques et de financement gouvernemental. Elle renforcerait également les pouvoirs de surveillance et d'enquête de l'opposition et, en cas de perte du Sénat, pourrait freiner les nominations judiciaires et gouvernementales. Elle ne mettrait toutefois pas automatiquement fin à la politique tarifaire américaine, l'administration Trump conservant d'importants pouvoirs exécutifs dans le domaine commercial.
Conclusion
Malgré un environnement particulièrement exigeant, les investisseurs ont continué de privilégier les perspectives de croissance des bénéfices des entreprises, tout en réévaluant les risques liés à l'inflation, aux taux d'intérêt et au contexte géopolitique.
Comme toujours, les événements à court terme demeurent difficiles à anticiper et peuvent provoquer d'importantes fluctuations des marchés. L'expérience rappelle toutefois que les décisions prises sous le coup de l'émotion sont rarement les plus profitables. Maintenir une approche disciplinée, diversifiée et alignée sur des objectifs à long terme demeure la meilleure façon de traverser les périodes d'incertitude et de profiter des occasions qu'offrent les marchés financiers au fil du temps.
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