Sommaire
Le quatrième trimestre de 2025 a illustré la capacité des marchés financiers à évoluer dans un environnement marqué par une volatilité accrue, des ajustements de politiques monétaires et des interrogations persistantes quant à la croissance mondiale. Le dernier trimestre de l’année a mis en lumière un marché plus sélectif, où les investisseurs ont dû composer avec des signaux économiques parfois contradictoires, une concentration accrue des performances des indices, et les attentes entourant l’intelligence artificielle qui ont joué un rôle central.
Dès octobre, les marchés mondiaux ont poursuivi leur progression, soutenus par de solides résultats d’entreprises et par un appétit pour le risque toujours présent. Les mégacapitalisations américaines, étroitement liées aux investissements massifs en intelligence artificielle, ont continué de capter l’attention des investisseurs. Parallèlement, les banques centrales nord-américaines ont adopté un ton plus prudent, à la suite de nouvelles baisses de taux directeurs.
Le mois de novembre a toutefois été marqué par une volatilité plus prononcée. Après un début difficile, notamment dans le secteur technologique, les marchés ont rebondi dans la deuxième moitié du mois, portés par des anticipations de réductions de taux supplémentaires de la Réserve fédérale américaine. Malgré des données économiques partielles et un contexte d’incertitude accru, l’appétit pour le risque s’est graduellement rétabli à mesure que les investisseurs ajustaient leurs attentes à l’égard de la trajectoire monétaire américaine.
En décembre, les marchés ont évolué dans la continuité des tendances observées plus tôt au trimestre, combinant résilience des marchés boursiers, soutien des politiques monétaires et prudence accrue face aux valorisations élevées. L’ensemble du trimestre a ainsi été marqué par une progression modérée des marchés d’actions mondiales, mais avec des écarts entre régions et classes d’actifs.
Sur l’ensemble du quatrième trimestre, les marchés boursiers ont affiché des performances positives. L’indice canadien S&P/TSX a enregistré un gain de 6,3 %. Aux États-Unis, l’indice S&P 500 a progressé de 1,1 % en dollars canadiens. Les marchés développés internationaux, mesurés par l’indice MSCI EAFE, ont avancé de 3,4 %, tandis que les marchés émergents ont affiché une hausse de 3,2 % en dollars canadiens.
Au 31 décembre 2025
| Variation T4-2025 |
Variation 1 an |
|
|---|---|---|
| Indices (%) | ||
| Obligations canadiennes | ||
| Obligations universelles FTSE Canada | ||
| Obligations universelles FTSE Canada | -0,3 ▼ | 2,6 ▲ |
| Actions canadiennes | ||
| S&P/TSX Composite | ||
| S&P/ TSX Composite | 6,3 ▲ | 31,7 ▲ |
| Actions américaines ($ CA) | ||
| S&P 500 | ||
| S&P 500 | 1,1 ▲ | 12,4 ▲ |
| Actions internationales ($ CA) | ||
| MSCI MSCI EAEO | ||
| MSCI MSCI EAEO | 3,4 ▲ | 25,7 ▲ |
| MSCI Monde (ex. Canada) | ||
| MSCI Monde (ex. Canada) | 1,5 ▲ | 15,4 ▲ |
| MSCI Marchés Émergents | ||
| MSCI Marchés Émergents | 3,2 ▲ | 28,1 ▲ |
Sources : FTSE International Limited, S&P Dow Jones Indices LLC et MSCI Inc.
| Fermeture 31-12-25 |
Variation T4-25 |
Variation 1 an |
|
|---|---|---|---|
| Taux directeur au Canada (%) | |||
| Taux directeur au Canada (%) | 2,25 | -0,25 ▼ | -1,00 ▼ |
| Pétrole (WTI) | |||
| Pétrole (WTI) | 57,42 $ | -7,9 % ▼ | -19,9 % ▼ |
| Or | |||
| Or | 4 319,37 $ | 11,9 % ▲ | 64,6 % ▲ |
| EUR/CAD | |||
| EUR/CAD | 1,61 | -1,5 % ▼ | 7,5 % ▲ |
| JPY/CAD | |||
| JPY/CAD | 0,01 | -7,0 % ▼ | -4,8 % ▼ |
| USD/CAD | |||
| USD/CAD | 1,37 | -1,6 % ▼ | -4,9 % ▼ |
Sources : Banque du Canada, Bloomberg Finance L.P.
Rendements nets de frais au 31 décembre 2025 (%)
Source : Trust Banque Nationale.
* En date du 25 octobre 2024, le Fonds FÉRIQUE Actions internationales a acquis les actifs du Fonds FÉRIQUE Actions asiatiques dans le cadre d'une réorganisation et les objectifs de placement du Fonds ont été modifiés. Le rendement antérieur à la date d'entrée en vigueur de la réorganisation représente le rendement du Fonds FÉRIQUE Actions européennes (maintenant le Fonds FÉRIQUE Actions internationales) avec ses objectifs de placement antérieurs. La réorganisation et les changements apportés aux objectifs de placement auraient pu avoir une incidence importante sur le rendement du Fonds s'ils avaient été en vigueur pendant toute la période de mesure du rendement.
Titres à revenu fixe
Revenu fixe canadien
L’indice des obligations universelles FTSE Canada a enregistré un recul de 0,3 % sur le trimestre. Le marché obligataire canadien a évolué dans un contexte d’ajustement aux anticipations économiques et monétaires. La Banque du Canada a poursuivi une approche prudente, abaissant son taux directeur à la fin d’octobre, avant de le maintenir à 2,25 % en novembre. Cette posture reflète un équilibre délicat entre une inflation contenue et une croissance économique demeurant modérée.
Après un recul du produit intérieur brut en août, les résultats du troisième trimestre ont surpris positivement, affichant une croissance annualisée de 2,6 %, permettant à l’économie canadienne d’éviter une récession technique. Cette performance a été soutenue par une hausse des exportations de pétrole brut et par des investissements publics en infrastructures, bien que les incertitudes liées aux tarifs américains aient continué de peser sur la confiance des entreprises.
Dans ce contexte, le marché obligataire canadien est demeuré en territoire positif pour l’année. L’indice FTSE Canada Univers a bénéficié du recul des taux directeurs et de la recherche de stabilité de la part des investisseurs.
Revenu fixe américain
Aux États-Unis, le marché obligataire a été influencé par l’évolution des attentes à l’égard de la politique monétaire de la Réserve fédérale. Après une nouvelle baisse de taux de 25 points de base en octobre, le discours du président Jerome Powell a été interprété comme plus prudent, suggérant que le cycle d’assouplissement pourrait approcher de sa fin en 2025.
En novembre, l’absence ou le report de certaines données économiques, notamment dans le contexte de la fermeture prolongée du gouvernement fédéral, a compliqué l’évaluation du rythme de l’économie américaine. Toutefois, les indications de données plus faibles que prévu ont renforcé les anticipations d’une réduction supplémentaire des taux dès décembre, laquelle s’est matérialisée par une autre baisse de 25 points de base, soutenant la demande pour les obligations du Trésor américain. Les investisseurs ont ainsi continué de privilégier les titres de qualité dans un contexte où la visibilité économique demeurait partielle.
Dans l’ensemble, le marché obligataire américain a bénéficié d’un regain d’intérêt procurant à la fois revenu et diversification, dans un environnement marqué par des valorisations élevées sur le marché des actions et par des incertitudes persistantes.
Marchés boursiers
Actions canadiennes
L’indice composé S&P/TSX a enregistré un gain trimestriel de 6,3 % au quatrième trimestre, se démarquant favorablement par rapport à plusieurs marchés développés. Cette performance a été soutenue par une combinaison de facteurs sectoriels et macroéconomiques.
Le secteur aurifère a joué un rôle important, la hausse du prix de l’or ayant stimulé la performance de plusieurs titres miniers. À l’inverse, le secteur énergétique a été pénalisé en décembre par le recul du prix du pétrole, bien que l’impact global sur le marché canadien soit demeuré contenu.

Les données économiques domestiques ont également contribué à soutenir le sentiment positif des investisseurs. La croissance surprise du PIB au troisième trimestre a renforcé l’idée que l’économie canadienne pourrait traverser une période de ralentissement sans entrer en récession. Néanmoins, les tensions commerciales persistantes avec les États-Unis et la faiblesse de la confiance des consommateurs ont continué de limiter les perspectives de croissance à moyen terme.
Actions américaines
Au quatrième trimestre, l’indice S&P 500 a affiché une progression plus modeste de 1,1 % en dollars canadiens. Le trimestre a été marqué par une volatilité accrue, reflétant des interrogations croissantes quant aux valorisations élevées du secteur technologique et à la capacité des investissements massifs en intelligence artificielle à générer des rendements tangibles à court terme.

En octobre, les marchés américains ont bénéficié d’une solide saison des résultats, une grande majorité des entreprises ayant dépassé les attentes des analystes. Les mégacapitalisations, dont Amazon, ont joué un rôle central dans la dynamique du marché. Toutefois, en novembre, les variations marquées de certains titres exposés à l’intelligence artificielle ont illustré les doutes des investisseurs quant au rythme de monétisation de ces investissements. À cela s’est ajoutée une incertitude persistante sur le plan des politiques commerciales, alors que de nombreuses entreprises américaines contestent encore devant les tribunaux les tarifs imposés par l’administration Trump, incitant certaines entreprises à adopter une attitude plus prudente.

Les anticipations de nouvelles réductions de taux ont contribué à soutenir les marchés en fin de trimestre, mais l’ensemble de la période a mis en évidence une transition vers un marché plus sélectif, où la dispersion des performances s’est accentuée.
Actions internationales
Les marchés développés internationaux, mesurés par l’indice MSCI EAFE, ont progressé de 3,4 % en dollars canadiens au quatrième trimestre. En Europe, les marchés ont évolué de façon modérée, soutenus par des données d’inflation jugées rassurantes, malgré des surprises ponctuelles, notamment en Allemagne.
La Banque centrale européenne a maintenu sa politique monétaire inchangée, confirmant que les pressions inflationnistes demeurent globalement contenues. Les secteurs industriels et de la santé ont contribué positivement à la performance.
Au Japon, les marchés ont continué de se distinguer. Malgré une inflation demeurant au-dessus de la cible de 2 %, la Banque du Japon a choisi de ne pas relever ses taux. La faiblesse du yen a soutenu les entreprises exportatrices, tandis que la hausse des dépenses en équipements a contribué à renforcer la demande intérieure.
Marchés émergents
Les marchés émergents ont affiché un gain de 3,2 % au quatrième trimestre. La performance a été contrastée selon les régions. En Chine, l’activité manufacturière est demeurée en contraction, le PMI ayant reculé pour un huitième mois consécutif en novembre, reflétant la faiblesse persistante des nouvelles commandes à l’exportation.
À l’inverse, les marchés indiens ont poursuivi leur progression, soutenus par de solides bénéfices des entreprises, un contexte monétaire favorable et des flux de capitaux étrangers. En Asie, les développements commerciaux entre les États-Unis et la Chine ont été favorables à certains marchés, notamment la Corée du Sud et Taïwan, dont les secteurs des semi-conducteurs sont étroitement liés à l’intelligence artificielle.
Plus largement, les marchés émergents ont continué de bénéficier du recul du dollar américain depuis le début de l’année, de valorisations jugées attrayantes et d’un intérêt accru des investisseurs en quête de diversification.
Perspectives
À l’issue du quatrième trimestre, plusieurs constats s’imposent. L’environnement d’investissement mondial est de plus en plus façonné par un nombre restreint de forces dominantes, duquel l'intelligence artificielle figure au premier rang. Bien que celle-ci constitue un moteur structurel de croissance économique, notamment grâce aux gains de productivité qu’elle permet, cette croissance ne garantit pas automatiquement des rendements boursiers élevés. Les marchés financiers tiennent compte non seulement de la croissance future, mais aussi de ce qui est déjà anticipé et intégré dans les valorisations.
Les grands investisseurs institutionnels s’accordent sur le fait que les marchés entrent dans une phase où la sélectivité prime. Les attentes à court terme à l’égard de l’intelligence artificielle pourraient s’avérer possiblement trop optimistes ou trop élevées, alors que les investissements nécessaires sont d’une ampleur inégalée jusqu’ici et qu’ils doivent être réalisés rapidement.
Aux États-Unis, les actions demeurent un pilier des portefeuilles, mais les rendements futurs devraient être plus modérés qu’au cours des dernières années. La domination des dix plus grandes entreprises américaines dans la capitalisation boursière américaine et mondiale souligne l’importance d’une saine gestion des risques dans un contexte de concentration accrue.
Dix titres du S&P 500 représentent à eux seuls près de 40 % de sa valeur1
| Titres | Pondération | Rendements 2025 (USD) |
|---|---|---|
| 1. NVIDIA | ||
| 1. NVIDIA | 7,8 % | 38,9 % |
| 2. Apple | ||
| 2. Apple | 6,9 % | 9,0 % |
| 3. Microsoft | ||
| 3. Microsoft | 6,2 % | 15,6 % |
| 4. Amazon.com | ||
| 4. Amazon.com | 3,8 % | 5,2 % |
| 5. Alphabet Class A | ||
| 5. Alphabet Class A | 3,1 % | 66,0 % |
| 6. Broadcom | ||
| 6. Broadcom | 2,8 % | 138,0 % |
| 7. Alphabet Class C | ||
| 7. Alphabet Class C | 2,5 % | 65,4 % |
| 8. Meta Platforms | ||
| 8. Meta Platforms | 2,5 % | 13,1 % |
| 9. Tesla | ||
| 9. Tesla | 2,2 % | 11,4 % |
| 10. Berkshire Hathaway | ||
| 10. Berkshire Hathaway | 1,6 % | 10,9 % |
| Total | ||
| Total | 39,2 % | |
Les titres à revenu fixe de haute qualité redeviennent attrayants, offrant à la fois un revenu intéressant et de la diversification.
Toutefois, plusieurs risques demeurent présents : les valorisations élevées des grandes entreprises technologiques, le niveau élevé de la dette publique, les incertitudes géopolitiques et la question cruciale du rendement des investissements en intelligence artificielle.
Du côté canadien, l’économie semble progressivement absorber le choc lié aux tensions commerciales avec les États-Unis. Si l’essentiel de l’impact des tarifs paraît désormais derrière nous, la croissance devrait toutefois demeurer modérée et sans rebond marqué. Le potentiel de croissance de 2026 devrait être limité en raison d’un climat de confiance encore fragile, d’une demande intérieure plus faible et de l’atténuation progressive du soutien monétaire.
En 2026, la trajectoire de la politique monétaire de la Réserve fédérale jouera un rôle central. Les investisseurs anticipent de nouvelles réductions de taux, tant que l’inflation est maîtrisée, notamment dans un contexte où les hausses de tarifs pourraient exercer des pressions supplémentaires sur les prix. Par ailleurs, la relation entre les États-Unis et la Chine, ainsi que d’autres tensions géopolitiques, pourraient redevenir des facteurs déterminants pour les marchés mondiaux. À cet égard, l’intervention récente des États-Unis au Venezuela illustre la fragmentation croissante de l’ordre géopolitique et l’importance accrue des considérations de sécurité nationale ainsi que leurs répercussions potentielles sur les marchés de l’énergie, sur l’inflation et, indirectement, sur les perspectives de politique monétaire. Cette intervention et le discours expansionniste de Trump demeureront un enjeu clé à surveiller de près en ce début d’année.
Dans cet environnement, la discipline, la diversification et la prudence à l’égard des valorisations demeurent donc essentielles pour les investisseurs.
Conclusion
Le quatrième trimestre de 2025 rappelle que les marchés financiers évoluent dans un équilibre délicat, où l’optimisme à long terme cohabite avec des incertitudes et des attentes à court terme. Malgré la volatilité observée et la dispersion des performances, les marchés boursiers ont affiché des rendements positifs sur l’ensemble du trimestre.
La tentation de réagir aux fluctuations à court terme demeure forte, particulièrement dans un contexte où l’innovation technologique et les politiques monétaires occupent une place centrale dans le discours des marchés. Pourtant, l’expérience démontre que tenter d’anticiper parfaitement les points d’entrée et de sortie entraîne souvent des résultats décevants.
Dans ce contexte, maintenir une approche disciplinée, diversifiée et alignée sur des objectifs à long terme demeure essentiel. Plus que jamais, la sélectivité, la gestion des risques et la patience constituent des éléments clés pour traverser un environnement d’investissement marqué par des transformations profondes et durables et des perturbations géopolitiques importantes sur l’échiquier mondial.
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