Lettre financière Quatrième trimestre de 2017

Revue des marchés

Par Louis Lizotte, CFA, FRM, vice-président, Gestion des placements, Gestion FÉRIQUE

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Source : MSCI

 


Sources : Banque du Canada, Réserve fédérale de St-Louis, Agence d'information sur l'énergie des États-Unis

 

SOMMAIRE

Une autre année qui se termine, nous voici donc au bilan. Que retenir de 2017? Évidemment, il y a eu les innombrables tweets du président Trump qui ont alimenté les bulletins de nouvelles. Outre cela, malgré la vague de croissance que promettait M. Trump et qui ne s’est point matérialisée, nous avons eu droit à une excellente année tant économique que boursière et ce, partout dans le monde.  

Il aura fallu neuf ans et quelque 12 billions de dollars de stimuli monétaires pour voir poindre une croissance économique globale et des profits d’entreprises en hausse à l’échelle planétaire.

Ces efforts ont porté leurs fruits. Selon les prévisions du début de 2017 des économistes et stratèges, nous avons essentiellement connu le scénario optimiste de la majorité d’entre eux. Une surprise toutefois, malgré une économie parmi les plus performantes, le marché boursier canadien n’a pas obtenu des résultats aussi élevés que les autres pays développés.

 



Source : Gestion FÉRIQUE
Note : Les Portefeuilles Conservateur et Audacieux n'ont pas un an.

RÉSULTATS ET EXPLICATIONS

Des rendements modestes mais positifs définissent les obligations canadiennes et mondiales cette année, aidées par un dernier trimestre intéressant. Les banquiers centraux continuent de prêcher la patience et de justifier celle-ci par l’inflation qui demeure sous leur cible. Par conséquent, malgré un contexte économique favorable et les hausses de taux directeur (deux au Canada et trois aux États-Unis), les taux d’intérêt à moyen et à long termes reflètent un optimisme modéré. Ce sont les obligations à plus longue échéance qui ont généré les meilleurs rendements durant le trimestre. L’exposition aux titres corporatifs a été bénéfique à l’international, alors que celle aux titres provinciaux l’a été au Canada. 

Dans ce contexte, le Fonds FÉRIQUE Obligations a obtenu un rendement de 2,0 % pour le trimestre et de 2,2 % pour l’année. De son côté, le Fonds Revenu Diversifié a généré un rendement de 1,1 % en raison de sa plus courte durée et de sa plus grande exposition aux obligations internationales qui ont obtenu un rendement plus faible que les obligations canadiennes. Le rendement du Fonds pour l’année est, quant à lui, de 3,8 %.

 

PERSPECTIVES ET ENJEUX

Qu’en est-il du mouvement des taux d’intérêt en 2018? Comme mentionné précédemment, beaucoup repose sur l’inflation (ou son absence). Le graphique suivant présente la croissance économique mondiale synchronisée.

Croissance des 45 plus grandes économies

Source : Connor, Clark and Lunn

Ce scénario a fait croître la demande de travailleurs, si bien que présentement, on se retrouve en situation de plein emploi dans plusieurs régions du monde. Au-delà de ce seuil, selon la théorie économique de la courbe de Phillips, l’inflation devrait augmenter. 

Le graphique suivant montre le % de pays en situation de plein emploi. 

La situation du plein emploi dans le monde

Source : BCA Research
Note : NAIRU (Non-accelerating inflation rate of unemployment ou taux de chômage) 

Actuellement, tout semble indiquer que d’un point de vue économique, 2018 sera une autre année faste. Par contre, la situation de l’emploi, combinée à l’appréciation du prix du pétrole, fait en sorte que l’inflation atteindra potentiellement les cibles des banquiers centraux dans plusieurs pays, notamment au Canada et aux États-Unis. Dans un contexte où les attentes quant aux hausses de taux sont modestes, la réaction des banques centrales sera déterminante pour la suite des choses.

RÉSULTATS ET EXPLICATIONS

Le marché boursier canadien, mesuré par l’indice MSCI Canada, a obtenu un rendement de 4,7 % au quatrième trimestre. Au 29 décembre 2017, le rendement annuel atteignait 9,2 %. 

Grâce à un bon deuxième semestre, le marché boursier canadien a rattrapé, en partie, les marchés boursiers étrangers. La principale cause de cette performance réside dans le secteur de l’énergie qui, après avoir été fortement touché en début d’année, s’est relevé, mais pas autant que le prix de la ressource elle-même.

Perspective et enjeux

Deux éléments devraient retenir notre attention au Canada. Premièrement, suivant les hausses de taux de la Banque du Canada, les taux hypothécaires ont commencé leur ascension. Ces dernières années, l’endettement progressif des ménages et la forte appréciation du secteur immobilier ont été des moteurs pour la croissance économique canadienne. Alors qu’une part de plus en plus importante du budget familial sera consacrée au paiement d’intérêts, plusieurs secteurs de l’économie s’en trouveront affectés. Selon des données publiées par la Banque du Canada, environ 47 % des hypothèques canadiennes devront être renouvelées d’ici un an. Espérons que les emprunteurs avaient prévu cette hausse à leur budget.

L’autre élément à suivre est l’adoption des baisses d’impôts aux États-Unis, une victoire du président Trump qui pourrait l’inciter à s’attaquer à d’autres promesses électorales, notamment aux ententes commerciales comme l’ALENA.

À ce jour, les négociations ne permettent guère de spéculer sur la suite des choses. Évidemment, les Américains durcissent le ton, mais à quoi d’autre doit-on s’attendre de l’équipe du Dealmaker-in-Chief?

Selon la firme de recherche BCA Research, advenant un retrait des États-Unis du traité, l’impact à court terme serait plus important pour le Mexique que pour le Canada. Ensuite, l’industrie de l’automobile dans son ensemble serait touchée vu son intégration dans les trois pays d’Amérique du Nord. De plus, le dollar canadien fléchirait et la Banque du Canada pourrait possiblement intervenir en abaissant le taux directeur. Finalement, ce retrait affecterait le marché boursier canadien, principalement par le biais des entreprises qui exportent aux États-Unis. Notons tout de même que près de 20 % des exportations canadiennes au pays de l’oncle Sam sont du secteur de l’énergie et il serait surprenant qu’elles soient soumises à des tarifs plus élevés. Somme toute, les conséquences négatives pourraient se dissiper progressivement étant donné le fort potentiel d’entente bilatérale entre le Canada et les États-Unis, un retour à l'accord de 1988.

Ultimement, le risque s’étend bien au-delà de nos frontières. En fonction de la façon dont les événements évoluent, cette négociation pourrait donner le ton aux prochaines négociations des Américains, donnant un souffle à la tendance protectionniste mondiale et latente depuis 2016. 

RÉSULTATS ET EXPLICATIONS

Aux États-Unis, le marché boursier américain a obtenu un rendement positif de 6,7 % (MSCI États-Unis en $ CA). Pour l’année 2017, le rendement est de 13,9 % (MSCI États-Unis en $ CA). L’appréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain a fait diminuer le rendement de près de 8,0 %. 

On se répète, mais le secteur des technologies de l’information (TI) mène toujours le marché américain, tout comme les marchés mondiaux. Si bien que ce secteur représente maintenant 16,8 % de l’indice MSCI Monde, comparativement à 11 % il y a dix ans.

Également, les profits des compagnies américaines ont été fort positifs lors de la dernière ronde de résultats, ce qui a donné un élan aux marchés en fin d’année.  

PERSPECTIVES ET ENJEUX

Le président Trump a finalement réussi à faire adopter ses « super méga » baisses d’impôt.

À mesure que les discussions avançaient, il y a eu une certaine rotation dans les secteurs boursiers, notamment vers les financières, ainsi que dans les secteurs des biens de consommation, des télécommunications et industriel, qui pourraient bénéficier de cette réforme fiscale. Du côté des grandes compagnies du secteur des TI et autres multinationales, l’effet sera plutôt mitigé puisque ces entreprises sont déjà fiscalement « optimisées ». Par contre, elles pourront rapatrier leurs énormes réserves d’encaisse aux États-Unis à un taux d’imposition avantageux et s’en servir ensuite pour payer des dividendes ou pour racheter des actions.

D’après ce qu’on en sait, l’effet des baisses d’impôt sur la croissance économique américaine ne sera pas très important à court terme (0,1 % à 0,5 % sur le PIB).  De plus, plusieurs des mesures, notamment celles qui s’adressent aux particuliers, prendront fin d’ici dix ans.

Quel sera l’impact sur les marchés boursiers? À courte échéance, il pourrait être positif si ces diminutions du fardeau fiscal se traduisent par des dépenses en consommation plus élevées. Qui plus est, la baisse des impôts des entreprises devrait avoir pour effet d’augmenter leurs profits.

À plus longue échéance, cette diminution du revenu de l’État est difficile à justifier. Pourquoi des mesures fiscales expansionnistes à ce stade-ci alors que le cycle économique est avancé aux États-Unis? On augmente inutilement le déficit américain tout en utilisant des munitions qui seront nécessaires lors d’un ralentissement économique ultérieur. Aussi, il y a fort à parier que les baisses d’impôt des entreprises iront dans les poches des actionnaires plutôt que dans des investissements porteurs de croissance. Quoique bon pour les actionnaires, c’est une vision court-termiste.

Assurément, alors que le président se veut populiste, ces baisses d’impôt n’en font pas la démonstration et les électeurs semblent être plutôt de cet avis. Les sondages démontrent qu’une majorité d’Américains préféreraient que leur gouvernement s’attaque au déficit. Les élections de mi-mandat en novembre 2018 seront très intéressantes. À suivre!

RÉSULTATS ET EXPLICATIONS

Pour l’année, l’effet de la dépréciation du huard face à l’euro a gonflé le rendement des investissements en Europe. Par contre, l’appréciation par rapport au yen a nui aux rendements en dollar canadien. Voici l’effet sur les principales devises.

Le huard face aux principales devises

 

Source : Banque du Canada

Les indices MSCI Europe, MSCI Asie Pacifique et MSCI Marchés Émergents ont obtenu respectivement des rendements de 2,5 %, de 8,4 % et de 7,7 % ($ CA) pour le trimestre se terminant le 29 décembre 2017. Pour l‘année, les rendements sont de 17,9 %, 23,4 % et de 28,7 % respectivement.

PERSPECTIVES ET ENJEUX

En Europe, 2017 fut une bonne année. La baisse du risque politique a donné un élan positif aux marchés. De plus, l’économie européenne se porte bien et le marché y était attrayant, puisque moins cher. Pour 2018, les conditions économiques et boursières sont toujours réunies pour engendrer de bons résultats. D’un autre côté, le risque politique se trouve maintenant sous-estimé : quelle sera la suite des choses en Espagne, en Italie avec ses banques en difficulté et sur le continent après les négociations du Brexit? 

Au Japon, le premier ministre Abe a connu une victoire importante en gardant la majorité des sièges lors de l’élection d’octobre. La population a voté en faveur de la stabilité dans un contexte où les missiles nord-coréens atterrissent dangereusement près du continent japonais. Le risque d’escalade de la tension n’est certes pas négligeable et aurait des conséquences majeures. Pour l’instant, comme le montre la performance élevée des marchés boursiers japonais et du reste de l’Asie, il semble que ce risque inquiète peu les investisseurs qui se concentrent sur les indicateurs économiques et de marché fondamentaux qui eux, demeurent positifs.

Du côté des pays émergents, l’année fut excellente. De manière globale, ils ont été les grands gagnants de la croissance mondiale et du raffermissement des prix de plusieurs matières premières. L’acteur principal est bien sûr, la Chine. Suite aux élections de l’automne, le président Xi Jinping a consolidé son pouvoir de façon importante et s’est maintenant bien positionné pour mettre en place sa vision du futur : enrichissement de la classe moyenne, combat contre la corruption et diminution de l’endettement. Les réformes nécessaires pourraient limiter la croissance, mais la stabilité anticipée sera positive à long terme. La bonne tenue des marchés émergents devrait maintenant susciter une certaine prudence chez les investisseurs. Le potentiel à long terme est palpable, mais traditionnellement cette catégorie d’actifs ne réagit pas bien à la hausse du dollar américain, scénario envisageable en 2018. 

Conclusion


Globalement, 2017 fut une très bonne année avec des rendements très intéressants. Comme mentionné dans une lettre précédente, nous sommes dans un scénario « Boucle d’or ». Malgré tout, la divergence entre les rendements de certaines classes d’actifs et le fait que d’une année à l’autre les gagnants ne sont pas souvent les mêmes, sont des arguments forts en faveur de stratégies diversifiées et de rééquilibrages réguliers.

Un sentiment d’inconfort persiste néanmoins, même si les politiques monétaires mondiales demeurent expansionnistes, que la croissance économique mondiale est positive, que la volatilité est faible et que les marchés boursiers poursuivent leur ascension.  Il est simplement difficile d’imaginer meilleur scénario, par contre... nous pourrions définitivement poursuivre sur cette lancée. 

Finalement, en raison des évaluations actuelles élevées, un certain réalisme s’impose quant au potentiel futur des marchés boursiers. De nombreux facteurs exogènes pourraient provoquer une correction boursière. Pour ce qui est d’un réel marché baissier, il s’accompagne généralement d’une récession qui ne semble pas se pointer à l’horizon. C’est ce que nous surveillerons de près en 2018, en espérant que dans la deuxième partie de l’histoire Boucle d’or ne se fera pas manger par un ours…

Bonne année à tous!

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