Lettre financière Troisième trimestre de 2017

Revue des marchés

Par Louis Lizotte, CFA, FRM, vice-président, Gestion des placements, Gestion FÉRIQUE

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Source : MSCI

Sources : Banque du Canada, Réserve fédérale de St-Louis, Agence d'information sur l'énergie des États-Unis

 

SOMMAIRE

En ce troisième trimestre, les marchés ont poursuivi leur ascension malgré les nombreux évènements qui ont fait les manchettes. La situation nord-coréenne, les ouragans, le plafond de la dette américaine, les banques centrales, le camp d’entraînement des Canadiens, chacun aurait certainement pu ébranler les marchés boursiers, or… à peine un fléchissement en juillet. La synchronisation de la croissance mondiale qui mène généralement à la croissance des profits des entreprises l’a emporté, à juste titre.

Il y a tout de même eu, ces trois derniers mois, des rendements négatifs, essentiellement dans les obligations canadiennes et certains titres étrangers. L’explication tient son origine d’une seule source : la Banque du Canada.

Dans l’ensemble, le contexte est positif.  Évidemment, tout n’est pas si simple et plusieurs risques sont omniprésents. 


Source : Gestion FÉRIQUE

 

RÉSULTATS ET EXPLICATIONS

Les deux hausses de taux directeur par la Banque du Canada constituent l’évènement important pour le marché obligataire canadien.  La première, qui était attendue, n’a pas eu de réelles conséquences, les marchés ayant anticipé son impact alors que la Banque du Canada télégraphiait ses intentions. À l’inverse, la deuxième hausse, qui ramenait le taux directeur à 1 %, fut une surprise. Ces deux augmentations ont fait croître les taux d’intérêt tout au long de la courbe pour le trimestre. Il en a résulté des rendements négatifs pour les obligations en général.

Dans ce contexte, le Fonds FÉRIQUE Obligations a obtenu un rendement de -1,7 %. De son côté, le Fonds FÉRIQUE Revenu Diversifié a généré un rendement de 0,1 % en raison de son exposition à d’autres sources de revenu que les obligations canadiennes.

PERSPECTIVES ET ENJEUX

On constate que l’économie canadienne a présenté de réels signes d’éveil au premier semestre, avec une croissance du PIB de 4,1%. Avec la hausse des ventes au détail, du niveau d’emploi et de la confiance des consommateurs, cette situation explique certainement l’augmentation du taux directeur. Or, ces facteurs justifiaient-ils de le relever à deux reprises? Au Canada, à l’instar des autres pays développés, l’inflation demeure sous la cible et, comme partout ailleurs, notre banque centrale estime qu’il n’est qu’une question de temps avant qu’elle n’atteigne le niveau attendu.

 Sources : BCA Research inc., Banque du Canada

La deuxième hausse de taux directeur s’explique, selon M. Poloz, gouverneur de la Banque du Canada, par le besoin d’éviter de se retrouver « derrière la courbe ». L’ensemble des banques centrales craint une perte de contrôle de l’inflation. Maintenant, y aura-t-il d’autres augmentations de taux? Le haut niveau d’endettement des ménages et l’appréciation du dollar canadien pourraient devenir problématiques, si bien, qu’à moins d’une inflation galopante, il pourrait y avoir une pause dans ce cycle de resserrement monétaire.

Qu’en est-il ailleurs dans le monde? La situation est similaire. Les taux à court terme n’ont pas été relevés alors que ceux à plus longue échéance si, à certains endroits (ex : É.-U., R.-U.). Surtout, il y a eu des discussions sur une réduction des programmes d’achat de titres obligataires aux États-Unis et en Europe. 

Il semble bien que nous soyons dans un scénario de synchronisation de la croissance mondiale, le scénario positif de plusieurs économistes en début d’année. Par exemple, les 35 pays de l’OCDE sont sur la voie d’une croissance positive en 2017, une première depuis 2007. Aussi, un indicateur économique avancé largement suivi, le PMI (Purchasing Manager’s Index), indice composite de l’activité manufacturière d’un pays, est au vert mondialement.

Sources : BCA Research inc., Institute for Supply Management for the United States,Markit Economics for United Kingdom, Euro area and Japan.

 

Ainsi, dans un contexte de croissance économique mondiale soutenue, les conditions monétaires demeurent accommodantes. L’ombre au tableau se trouve dorénavant dans l’accélération des resserrements monétaires par les banquiers centraux. Bien sûr, cette accélération est positive puisqu’elle confirme une conjoncture économique avantageuse. Le risque est toutefois que les banques centrales agissent trop fort, trop vite, et qu’elles finissent par ralentir la locomotive au point de l’arrêter.

RÉSULTATS ET EXPLICATIONS

Le marché boursier canadien, mesuré par l’indice MSCI Canada, a obtenu un rendement de 4,1 % au troisième semestre, permettant de rattraper un début d’année difficile. Au 30 septembre 2017, le rendement atteignait 4,4 %.

Assistons-nous au retour des actions canadiennes? Après une excellente année 2016, le premier semestre de 2017 n’a pas été avantageux, ainsi cette récente performance est bienvenue. L’augmentation du prix du pétrole durant le trimestre, combinée à l’ambiance économique positive, en sont l’explication.

PERSPECTIVES ET ENJEUX

L’économie canadienne montre certes un peu de vigueur, mais elle demeure dépendante des secteurs de l’énergie, des matériaux et bancaire. De plus, la croissance liée au secteur immobilier est maintenant limitée. La récente hausse des taux et les mesures mises en place par le gouvernement afin de ralentir la progression du prix des maisons ont eu l’effet escompté. On sent une certaine fragilité dans ce secteur.

Ultimement, ceci risque de mettre de la pression sur les dépenses des ménages donc sur la croissance économique.

RÉSULTATS ET EXPLICATIONS

Aux États-Unis, malgré l’appréciation du dollar canadien (diminution d’environ 4,0 % pour le trimestre), le marché boursier américain a obtenu un rendement positif de 0,6 % (MSCI États-Unis en $ CA).

Le marché poursuit sa progression et le secteur des technologies de l’information mène toujours avec en tête les leaders usuels : Facebook, Apple, Amazon, Netflix, Alphabet (Google).

L’appréciation des dernières années de ces actions est plutôt importante. Faut-il s’attendre à une baisse? Qui sait? Les titres se sont appréciés de façon si remarquable que la combinaison de leurs capitalisations boursières est supérieure au PIB de la France! Il faudra que les futurs bénéfices soient substantiels pour maintenir ces évaluations boursières. À suivre…

PERSPECTIVES ET ENJEUX

En réalité, le marché américain est reconnu de manière générale comme étant onéreux. Les profits devront être réels et abondants pour maintenir, voire réduire, les évaluations de marché. C’est la réalité jusqu’à présent. Après quelques années de hausses de prix des actions sans que les profits suivent, nous sommes maintenant dans un contexte où les profits dépassent les attentes.

     Source : BCA Research inc.

 

Les États-Unis devancent les autres régions en termes de cycle économique, mais la croissance mondiale et la baisse de la valeur du dollar américain soutiennent de manière importante le marché boursier américain. Celui-ci pourrait bien se maintenir encore un certain temps.

Finalement, après plusieurs échecs, l’administration Trump réussira-t-elle à mettre en place un plan de mesures fiscales qui fera l’unanimité chez les Républicains? Il est facile d’en douter, mais autant cette administration que son parti désirent cette victoire avant les élections de mi-mandat. De plus, les attentes sont si basses que toute mesure fiscale serait reçue favorablement par les marchés.  

RÉSULTATS ET EXPLICATIONS

L’effet de l’appréciation du huard s’est fait sentir avec la diminution du rendement des investissements étrangers. Le tableau ci-dessous présente l’effet sur les principales devises.

 

Source : Bloomberg

Comme mentionné précédemment, une croissance économique et une hausse des profits s’imposent sur certains marchés plus abordables que le marché américain.

Les indices MSCI Europe, MSCI Asie Pacifique et MSCI Marchés Émergents ont obtenu respectivement des rendements de 2,6 %, de 1,4 % et de 4,0 % ($ CA) pour le trimestre se terminant le 30 septembre 2017.

PERSPECTIVES ET ENJEUX

Ce qui retient l’attention sur les marchés hors Amérique est la bonne performance des économies européenne et japonaise.

Depuis les élections françaises, le risque politique a sensiblement diminué en Europe, laissant place à une progression intéressante des différentes économies. Le sort de l’Espagne, avec le référendum pour l’indépendance de la Catalogne, de même que l’Italie et ses prochaines élections, soulèvent tout de même des interrogations. Le momentum positif semble néanmoins difficile à arrêter.

Un évènement important à surveiller est le 19e Congrès du Parti communiste chinois. Ce congrès quinquennal orientera les prochaines années, entre autres, sur le plan économique. De par sa taille, la Chine a une influence importante sur la scène mondiale. Conséquemment, ce qui s’y passe est d’intérêt. Le niveau d’endettement y est très important tandis que les autorités chinoises tentent de soutenir un certain niveau de croissance. Suite au Congrès, nous en saurons plus sur la direction que prendra le président, M. Jinping. Ceci permettra de mieux évaluer l’effet sur le reste du monde.


Conclusion


Au niveau mondial, la majorité des indicateurs économiques sont au vert, l’inflation est modeste, les conditions monétaires restent accommodantes et la volatilité des marchés demeure historiquement faible. Alors, pourquoi ce sentiment d’inconfort persistant : les évaluations boursières élevées? Les profits qui ne cessent d’augmenter? Le début de la fin des assouplissements quantitatifs? Les tensions géopolitiques? Toutes ces réponses? 

La réalité est que nous recherchons tous les signaux annonçant la prochaine baisse de marché. 
Le contexte actuel semble en voie de se maintenir un certain temps et demeure positif pour la prochaine année.

Bonne journée !

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