Lettre financière Deuxième trimestre de 2019

Revue des marchés

Par Louis Lizotte, CFA, FRM, vice-président, Gestion des placements, Gestion FÉRIQUE

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Source : MSCI

Sources : Banque du Canada, Réserve fédérale de St-Louis, Agence d'information sur l'énergie des États-Unis

 

 

Source : Trust Banque Nationale

RÉSULTATS ET EXPLICATIONS

En juin, confrontée à des données économiques généralement peu encourageantes et surtout, aux perspectives d’inflation qui demeurent contenues, la cavalerie (les banques centrales) a encore une fois volé au secours des marchés boursiers. Tant la Fed que la Banque centrale européenne (BCE) ont confirmé leur maintien de politiques monétaires accommodantes. Mis à part la réaction positive des marchés boursiers à peu près partout dans le monde, les taux d’intérêt à plus longue échéance ont encore baissé suite à ces annonces. Fait à noter, les taux d’intérêt 10 ans du Canada et des États-Unis sont parmi les plus élevés des pays développés. 

 

Comparaison des taux d’intérêt entre divers pays

 

 

Source : Bloomberg

Dans ce contexte, le Fonds FÉRIQUE Obligations et le Fonds Revenu Diversifié1 ont généré un rendement de 1,9 %, ce qui s’ajoute à un excellent début d’année pour ces deux catégories d’actifs.


1 Depuis la fin du mois de juin, le Fonds FÉRIQUE Obligations porte le nom de Fonds FÉRIQUE Obligations canadiennes et le Fonds FÉRIQUE Revenu Diversifié porte le nom de Fonds FÉRIQUE Revenu mondial diversifié.

 

PERSPECTIVES ET ENJEUX

Dans la dernière lettre, je mentionnais l’exagération des attentes face aux baisses de taux d’intérêt aux États-Unis (deux baisses à ce moment), qui transparaissaient dans le marché. Disons que la situation ne s’est pas améliorée!

En effet, les attentes des investisseurs, reflétées actuellement par les contrats futurs sur le taux directeur américain, ne dénotent rien de moins que quatre baisses de 0,25 % d’ici un an. C’est un scénario qui se produirait si les signaux d’une récession aux États-Unis étaient évidents. Ce n’est pas le cas.

Les dix-sept membres participants de la Fed ont contribué à faire croître ces attentes en changeant radicalement de position depuis le début de l’année.

En effet, sur les dix-sept, onze envisagent deux hausses du taux directeur en 2019, un d’entre eux prédit une seule hausse cette année, et cinq prévoient maintenant deux baisses!  Cette situation amène un paradoxe intéressant alors que le positionnement du marché obligataire mondial s’avère pessimiste vis-à-vis les perspectives économiques, en même temps que les marchés boursiers démontrent de l’optimisme. Quel marché aura raison?

Nombre de hausses du taux directeur en 2019

Source : BCA Research

 

RÉSULTATS ET EXPLICATIONS

Depuis le début de l’année, le marché canadien continue de mener (en CAD) en termes de rendements, même si les meilleurs ont été obtenus dans des secteurs moins importants tels les Technologies de l’information et les Soins de santé.

 

Les rendements du marché canadien à ce jour en 2019 et du 2e trimestre de 2019

Source: MSCI

Le marché boursier canadien, mesuré par l’indice MSCI Canada, a obtenu un rendement de 2,8 % au deuxième trimestre.

Perspective et enjeux

Après le gain d’emplois record en avril, le momentum s’est poursuivi au Canada en juin. Ainsi, l’économie canadienne se trouve en très bonne position considérant que le taux de chômage, à 5,4 % à la fin de juin, se situe au plus bas niveau depuis que cette statistique est publiée, soit depuis1974.

Néanmoins, comme environ 65 % de notre économie est liée au commerce mondial, ce contexte nous rend vulnérable à un ralentissement économique prolongé.

La Banque du Canada demeure prudente dans sa gestion des conditions monétaires même si jusqu’ici, l’économie canadienne est parmi les plus solides mondialement en 2019. On s’entend pour dire que les attentes étaient faibles! Ceci explique la hausse du dollar canadien plus tôt cette l’année, qui serait probablement encore plus fort aujourd’hui n’eût été de la baisse du prix du pétrole qui a pesé lourd dans la balance au deuxième trimestre.

Malgré une détérioration importante de l’économie mondiale, le marché boursier canadien devrait maintenir les gains de l’année et même progresser davantage, quoique de façon plus modeste.

RÉSULTATS ET EXPLICATIONS

Ce fut un bon trimestre pour les actions américaines malgré le fort recul du mois de mai. Ce repli n’a pas empêché les titres américains d’atteindre de nouveaux sommets en juin. Les valeurs de grande capitalisation ont encore surpassé les rendements des titres de plus petite capitalisation et les titres avec des profils de croissance ont obtenu de meilleurs résultats que ceux de type valeur.

 

L’indice a obtenu un rendement de 2,0 % (MSCI États-Unis en $ CA). L’appréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain a occasionné une diminution du rendement en dollars canadiens d’environ 2 %. 


PERSPECTIVES ET ENJEUX

Alors, sommes-nous en 1990, 2000 et 2007 ou plutôt en 1995, 1998 et 2016? La nuance est importante et expliquerait ce que la Fed compte faire dans un avenir rapproché. On se souvient que 1990, 2000 et 2007 marquaient le début de cycles de baisses de taux en réaction à des récessions. Par contre, ce dont on se souvient un peu moins c’est qu’en 1995, 1998 et 2016, la Fed a pris des décisions prévoyantes concernant les taux afin de permettre au cycle de croissance de se poursuivre. 

 

Taux directeur historique de la Fed

Source : BCA Research

Plusieurs experts présagent que la Fed agira en mode « précaution », comme en 1995, 1998 et 2016. La différence compte puisque si tel est le cas, le cycle économique actuel sera encore plus long et aura un effet positif sur les marchés boursiers.

En regardant le tableau suivant qui présente certains indicateurs économiques, nous comprenons que la situation, sans être excellente, n’est pas si mauvaise de manière générale.

Indicateurs économiques

*Quoique généralement non apparente !

Source : Gestion FERIQUE

Finalement, les chiffres sur l’emploi publiés au début juillet confirment la vigueur de la situation économique américaine, dont la consommation des ménages représente 70 % du PIB. Une proportion importante de ces gains d’emplois se trouve dans le secteur manufacturier, celui-là même qui est supposé être le plus rudement touché par la guerre commerciale.  Si les entreprises se sentent assez confiantes pour procéder à l’embauche de travailleurs afin de produire davantage malgré le contexte commercial incertain, il faut certainement y voir un signe positif. Un autre élément intéressant est que les ventes au détail dans les domaines du sport et de l’électronique ont progressé durant le trimestre. C’est également positif puisque généralement les particuliers coupent ces dépenses en premier en période d’incertitude économique.

Les yeux sont rivés sur la rencontre de la fin juillet où, comme toujours, chaque mot sera décortiqué afin de déceler les intentions de la Fed quant à son taux directeur. Il y a définitivement un risque de déception et d’ajustement des marchés si la Fed ne diminue pas le taux à cette réunion.

RÉSULTATS ET EXPLICATIONS

Les secteurs sensibles à la croissance économique continuent de mener les marchés mondiaux, avec les secteurs des Matériaux et de la Finance qui se démarquent, alors que l’Énergie recule avec le prix du pétrole brut.

 

Les rendements du marché mondial à ce jour en 2019 et du 2e trimestre de 2019

Source : MSCI Monde

Aussi, la Chine qui a été le meilleur marché boursier au premier trimestre, fut un des moins performants au deuxième. Pour les raisons évoquées précédemment, ce revirement affecte la région dans son ensemble et les pays émergents en général.

Les indices MSCI Europe, MSCI Asie Pacifique (tous pays) et MSCI Marchés Émergents ont obtenu respectivement des rendements de 2,6 %, -1,3 % et -1,5 %.

PERSPECTIVES ET ENJEUX

Le ralentissement se poursuit dans plusieurs régions du monde. Par exemple, comme le démontre le graphique qui suit, l’indice des directeurs d’achats (Manufacturier) pointe vers le bas et se trouve sous le seuil de 50 dans quelques régions importantes.

Indice des directeurs d’achats

Source : BCA Research

Une autre démonstration de ce ralentissement : les exportations provenant de Singapour, une plateforme pour les échanges commerciaux mondiaux, ont diminué de 16 % depuis un an.  

 

Lorsque les négociations se sont rompues, que les Américains ont augmenté les tarifs de 10 % à 25 % sur 200 G$ d’importations chinoises et que l’entreprise Huawei s’est trouvée sur la liste noire, les répercussions se sont fait ressentir partout dans le monde. Les Chinois ont répliqué en augmentant à 25 % les tarifs sur 60 G$ d’importations américaines. Pour la suite des choses, les regards étaient tournés vers la rencontre du G20 à la fin de juin. Il n’y a pas eu d’avancée importante, mais les présidents Trump et Xi ont tout de même convenu de reprendre les négociations. Les Américains ont également diminué la pression exercée sur Huawei.

 

Il ne fait aucun doute que cette situation continuera de faire bouger les marchés. Dans ce contexte, les stimuli fiscaux reviennent à l’ordre du jour un peu partout dans le monde. Les Chinois avancent sur cette voie depuis la fin de 2018 et l’effet devrait commencer à se faire sentir dans la deuxième moitié de 2019.

 

Conclusion


Monsieur Trump a l’habitude de devenir conciliant quand ça va mal dans les marchés et moins quand tout roule. Il faut s’habituer à cette réalité qui, implicitement, entraîne de la volatilité. 

 

Malgré tout, on peut s’attendre à ce que le président américain fasse des efforts afin que les situations économique et de marché soient bonnes pour maximiser ses chances de réélection. L’inquiétude est que les moyens employés pour atteindre cet objectif pourraient s’avérer court-termistes et causer plus de dommages que de bien à long terme.

 

Dans l’immédiat, les scénarios se polarisent. Si la croissance économique se stabilise, par exemple à l’aide d’un règlement concernant les tarifs ou de mesures fiscales expansionnistes, les actions européennes, canadiennes et des pays émergents pourraient en profiter. Dans le cas contraire, le marché monétaire et les obligations fédérales seront les refuges usuels. 

Au plaisir !

 

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