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Entrevue avec Louis Lizotte, vice-président, gestion des placements, dans La Presse Affaires

Louis Lizotte, vice-président, gestion des placements, chez Gestion Férique, a été invité à discuter de ses principales préoccupations envers l'économie et les marchés d'investissement dans La Presse Affaires.  Voici l’entrevue réalisée par Martin Vallières. 


PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

À SUIVRE CETTE SEMAINE: LA CHINE EN CONGRÈS, LA FED EN RELÈVE PRÉSIDENTIELLE...

Chaque lundi, La Presse Affaires invite un professionnel du secteur des placements à discuter de ses principales préoccupations envers l'économie et les marchés d'investissement. L'invité cette semaine : Louis Lizotte, vice-président, gestion des placements, chez Gestion Férique. Cette firme montréalaise gère les 2,6 milliards d'actifs dans les 10 fonds de placement et les 5 portefeuilles de fonds qui sont exclusifs aux ingénieurs du Québec.

Que suivrez-vous le plus ces prochains jours dans l'actualité économique ?

J'ai deux événements en vue dans les deux plus grosses économies nationales de la planète, les États-Unis et la Chine. Et dont le dénouement pourrait avoir un impact significatif sur les marchés financiers à moyen et à long terme.

D'abord, en Chine, le 19e congrès du tout-puissant Parti communiste débute mercredi et se déroulera jusqu'à la semaine prochaine.

L'impact de ce congrès pourrait être modeste à court terme, mais ses décisions pourraient influencer les marchés financiers et l'économie mondiale pour les années à venir.

[NDLR : annonce du produit intérieur brut chinois au troisième trimestre attendue mercredi]

Ce qui sera surtout à surveiller, ce sont les jeux de pouvoir politiques et le remaniement des principaux postes de direction du gouvernement chinois.

Ça pourrait en dire long sur le pouvoir réel du président Xi Jinping et la suite de son plan de développement de l'économie chinoise.

Depuis cinq ans, Xi Jinping a favorisé la stabilisation économique, mais au prix d'une augmentation importante de l'endettement à plusieurs niveaux.

L'objectif ultime de M. Xi demeure la transition de l'économie chinoise basée sur l'activité manufacturière d'exportation vers une économie plus développée en consommation et en services.

Les détails du prochain plan quinquennal de Pékin pour l'économie chinoise seront connus dans quelques semaines, après le congrès du Parti communiste.

Entre-temps, la poursuite des réformes amorcées par Xi Jinping pourrait nuire à la croissance économique à court terme, avec d'autres fermetures d'usines et d'autres restrictions d'accès au crédit, par exemple.

Mais ces réformes demeurent favorables pour une croissance économique à long terme plus soutenable pour la Chine.

Aux États-Unis, c'est encore la Fed qui interpelle ?


En fait, c'est le processus de nomination du prochain président du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (Fed) qui intrigue maintenant les marchés financiers.

Et ce, alors qu'ils demeurent à l'affût du moindre indice sur l'évolution de la politique monétaire, après des années de politique très accommodante.

D'ailleurs, la publication la semaine dernière des plus récentes délibérations du Conseil des gouverneurs de la Fed (le compte rendu, dans le jargon financier) indiquait clairement que l'inflation est un enjeu pour eux.

Malgré un taux de chômage à 4,2 %, le ton qui émane du compte rendu demeure patient. Les prochaines données sur l'inflation seront donc déterminantes pour la prochaine hausse de taux, qui est encore pressentie pour décembre.

Quant au Conseil des gouverneurs de la Fed, sa présidente actuelle, Janet Yellen, dont le mandat se termine en février prochain, pourrait demeurer en poste. C'est du moins la préférence dans les marchés financiers.

Mais le président Trump a déjà été critique envers Mme Yellen. Il ne serait pas surprenant qu'il choisisse un autre candidat plus proche de ses volontés en matière économique.

Pour les marchés financiers, l'enjeu est de voir si ce candidat serait plus enclin à un resserrement de politique ou s'il serait du type patient, dans la continuité de Mme Yellen.

À court terme, néanmoins, un prochain président du Conseil de la Fed qui serait perçu comme étant plus hawkish (sévère) en politique monétaire pourrait inciter le dollar américain à la hausse.

Un tel contexte serait positif sur les banques américaines, mais négatif pour les Bourses des pays de marchés émergents, qui ont pourtant bien progressé cette année.