Marchés en bref / Publié le .

Brexit (British Exit)

Alors c’est fait, les Britanniques ont voté pour mettre fin à leur partenariat avec l’Union européenne et ses 27 autres membres. Le pari du premier ministre Cameron (qui a déjà annoncé sa démission) s’est avéré être un échec retentissant avec un résultat de 51,9 % en faveur de la sortie de l’Union européenne (UE) et un défavorable de 48,1 %.

Comme toujours, dans un tel contexte, il faut savoir prendre du recul afin d’analyser et comprendre les enjeux liés à ce genre d’événement ainsi que ses effets directs et collatéraux (car il y en a plusieurs !). Un des principaux éléments qui a fait basculer le vote en faveur du « pour » est que, selon les séparatistes, l’immigration sera plus facile à contrôler en étant indépendant de l’UE.

La procédure de sortie sera longue (selon l’article 50 du traité de Lisbonne, deux ans sont nécessaires) et pas nécessairement très claire, puisque c’est la première fois qu’une telle situation se produit. Aussi, tout indique que ceux qui étaient « contre » n’ont pas dit leur dernier mot. Déjà, en Écosse, on parle de bloquer le processus, la population ayant voté majoritairement « contre » (68 %).

L’impact sur les marchés a été instantané et violent. La livre sterling a perdu 8 % (contre le dollar américain) et l’indice de référence du marché boursier anglais, a, quant à lui, baissé de 2,3 % (devises locales). Les autres places boursières ont été plus durement touchées; le CAC français et le Dax allemand ont chuté d’environ 8 % (devises locales), tout comme le Nikkei japonais. Finalement, le Dow Jones a chuté de 3 %. En dollars canadiens, les baisses ont été assez prononcées puisque l’effet de devise s’est ajouté à l’effet de marché.

Cette situation pourrait entraîner une possible décote du Royaume-Uni (perte de la notation AAA) et la nécessité d’établir un plan des prochaines étapes à suivre. Il sera important pour le pays de renégocier avec l’UE, mais aussi avec tous les autres pays avec lesquels il a des liens d’affaires, occasionnant ainsi un potentiel ralentissement économique. Pour la bourse anglaise, l’effet pourrait être positif à moyen terme, puisqu’elle est composée de grandes multinationales qui bénéficieront d’une devise plus faible.

Pour l’UE, le nouvel enjeu est maintenant le risque de contagion à d’autres pays membres. On entend déjà des discours en ce sens provenant des Pays-Bas, de l’Italie et de la Suède. Les partis nationalistes jouent les cartes de l’immigration et de la mondialisation qui seraient responsables de tous les malheurs. L’Europe semblait être sur la bonne voie avec une économie donnant des signes concrets d’amélioration et des marchés boursiers plus stables. Mais ces nouvelles crises politiques qui pointent à l’horizon pourraient la paralyser et lui faire faire quelques pas en arrière.

À court terme, les choses devraient se calmer sur les marchés, mais il ne faudrait pas s’étonner des annonces faites par les grandes banques centrales afin d’atténuer la volatilité des marchés et supporter davantage l’économie globale. 

Cette situation est encore très incertaine, nous continuerons donc de la suivre activement et nous vous garderons informés. 

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